Yvonne V.
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Yvonne V. m'a donné ce scapulaire de San Judas le mardi 21 juillet, 2009.

Yvonne V.:

Je vais te donner une image de San Judas qui m’a été offerte il y a environ cinq ans. Je l’ai toujours avec moi, accrochée au sac de ma caméra. Elle a pour moi quelque chose de particulier, parce qu’elle appartient au temps où j’ai commencé à découvrir San Judas, l’époque où j’ai beaucoup apprécié travailler dans un film.

San Judas est le saint qui a trahi Jésus. Il n’était pas un saint à l’époque, mais maintenant il l’est. Je ne sais pas comment c’est dans d’autres pays, mais au Mexique, il est considéré comme le saint des causes perdues. Il t’aide quand tu n’as plus aucun espoir, mais il te soutient aussi au travail. C’est comme ça que je le prends. Heureusement, je ne me suis jamais retrouvée dans une situation désespérée. Je ne suis pas quelqu’un de très religieux. J’ai grandi dans une école catholique, mais en réalité je ne suis pas catholique.

J’ai commencé à croire en San Judas lorsque j’ai compris ce qui m’arrivait. J’ai commencé à offrir des images de lui. J’ai l’habitude d’offrir des scapulaires et des choses comme ça. Faire sa promotion est une des promesses que tu fais à San Judas en échange de son aide. Tu parles de lui. Il y a quelque chose de vaniteux dans ça, mais c’est bien.

Parmi ceux à qui j’ai donné le scapulaire, il y en a beaucoup qui redoutent son pouvoir. Un jour, un ami m’a dit : « Je suis mieux de le laisser à l’occasion, pour ne pas être bien tout le temps. »

Je crois beaucoup en lui. Pour moi, il est particulier. Il m’a réellement accompagné dans des étapes de ma vie. Là, par exemple, dans ce moment important de transition dans lequel je me trouve, que j’apprends à vivre dans cette ville, je pense beaucoup à lui, évidemment. Mon travail, c’est ce qui m’inquiète le plus quand j’arrive à un nouvel endroit. Essentiellement, c’est ça.

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Carte de San Judas.
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Yvonne trouve celle-ci un peu trop mélodramatique.

Comment ça a commencé:

Nous travaillions aux lignes. Pour les besoins du film, nous prenions des photos exactement à cet endroit. Un des vendeurs des lignes se trouvait là. Moi, j’avais déjà mon San Judas. Je jonglais à peine avec l’idée de San Judas, je n’avais aucune dévotion ni rien d’autre pour lui, mais j’avais acheté l’image et je l’avais accrochée à mon cellulaire. Un des vendeurs s’est mis à me parler. Il était un peu fou, souvent les gens qui travaillent aux lignes sont des anciens prisonniers ou des ex-drogués.

Quand je dis les lignes, je parle de la frontière. Il y a là cette file de voitures qui attend de pouvoir entrer aux États-Unis. Il y a toutes sortes de personnages. Et celui-ci était très intense. Ou il était sous l’effet de la drogue, ou il était en manque, mais il avait une énergie folle. Quand il a vu l’image de San Judas accrochée à mon téléphone, il m’a dit : « Elle est belle ton image! Tu devrais me l’offrir! ». « Je dois te l’offrir, pourquoi? ». Alors il m’a dit: « Tu dois savoir qu’avec San Judas, quand tu lui es dévoué, si tu offres l’image, elle a un plus grand pouvoir. Une image de San Judas a un plus grand pouvoir si on te l’offre que si tu l’achètes. Si tu me la donnes, San Judas va t’aider davantage. » Ça me semblait un peu tordu, j’avais l’impression qu’il voulait simplement partir avec mon San Judas. Mais je le lui ai finalement donné. Je lui ai demandé son nom, il s’appelait Luis Alberto. À l’époque, je sortais avec un garçon qui s’appelait Luis Alberto. Ce fut un signe et je lui ai donné l’image, je la lui ai offerte.

J’ai alors commencé à mettre en ça pratique, offrir des San Judas et les recevoir en cadeau. Et c’est vrai. Quand tu rencontres des gens et ils te disent qu’ils sont sans travail, que ça va mal, la façon que tu trouves pour les aider et leur souhaiter le meilleur, c’est de le leur dire. Mais il y a cette autre façon de leur donner un scapulaire. Depuis, j’ai toujours mes scapulaires dans le portefeuille, afin de les offrir. C’est comme ça que tout a commencé.

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Différents types de scapulaires que Yvonne donne aux gens afin de les aider.

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Le chat de Yvonne
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Yvonne possède aussi une petite statue de San Judas.
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Une semaine plus tard, je suis allée au Mercado de la Merced avec Lucía. Il m'a semblé que San Judas était un saint plutôt lucratif.
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Au Mercado de la Merced, j'ai acheté cinq amulettes de San Judas à 5 pesos chacune. J'en ai donné une immédiatement à Lucía, qui travaille présentement sur un projet communautaire un peu compliqué. J'en donnerai une à Ramiro et une à Christophe, qui travaillent trop ces temps-ci. J'en garde deux pour plus tard. Je compte évidemment sur San Judas pour m'aider davantage après toute cette publicité à son sujet.