
Lucía P. m'a donné une page du passeport diplomatique de son grand-père le lundi 27 juillet, 2009. |
Lucía P. :
Ce que je vais te donner est une page du passeport échu de mon grand-père. C’est un passeport diplomatique de la République de Bolivie. La moitié de ma famille est bolivienne, du côté de mon père. Je viens de vider un appartement qui renfermait un tas de choses de tout ce que fut sa vie au Mexique. Ils étaient réfugiés politiques.
J’ai trouvé ce passeport, qui a une grande signification. D’abord, il est diplomatique. Quelque part, il ne s’agit pas d’un passeport normal, il appartient à quelqu’un d’un peu plus important. C’est quelqu’un d’établi et de cultivé. Ça pourrait être ça. De toute évidence, le passeport n’était plus valide du moment qu’ils ont dû partir en courant.
J’aimerais te donner une de ces pages, commencer à donner une de ces pages pour le faire encore voyager, qu’il continue à faire partie de la Bolivie en exil, de la Bolivie hors du pays. J’aimerais que tu le regardes. Il n’a rien d’extraordinaire, sinon une très grande photo de mon grand-père. Et que tu prennes une page. Je trouve en plus l’encre très belle, les couleurs et tout ça. Le papier est beau.
Tu te sers habituellement de ton passeport quand tu ne te trouves pas chez toi. Ma famille n’a pas eu de chez soi pendant longtemps. Ils ont fondé une maison ici, mais ce sont des choses qui prennent du temps.
J’ai trouvé le passeport alors qu’ils étaient justement ici, de visite. Je vois beaucoup de correspondances avec moi, avec ce que je suis, avec ce qui parfois ne concorde pas avec moi ou avec le Mexique, des choses qui se rapprochent davantage de la Bolivie. L’exil a du bon, mais comporte aussi beaucoup de choses tristes. Soigner ces blessures prends beaucoup de temps. C’est un petit morceau de la nationalité bolivienne au Mexique.
Le passeport date de 1971, année de l’arrivée au Mexique de ma famille, année de leur sortie de la Bolivie.
Ce fut une année de beaucoup de changements.
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Sur le recto, un visa pour l'URSS datant du 16 juin, 1971 et au verso, un visa pour leDeutsche Demokratische Republik datant du 22 juin, 1971.
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Photo de Oscar Prudencio à 46 ans.
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Lucía découpant la page choisie du passeport. |
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Avant l'enregistrement vidéo, Lucía nous a fait du thé.
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Vue de la fenêtre de la chambre à Lucía.
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Après la rencontre, Lucía m'a invité à aller avec elle au Mercado de la Merced, le lendemain. Elle devait acheter une Virgen de Guadalupe pour un autel qu'elle construit dans son édifice. Apparemment, c'est là qu'elles étaient le moins cher.
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Nous avons choisi celle-ci, agrémentée, au dos, d'un auréole de feu, le tout fait de résine, et donc résistant aux fortes pluies, au soleil intense et à la pollution de Mexico.
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Nous avons aussi acheté des fleurs, parce qu'un autel digne de ce nom doit contenir des fleurs. Par contre, elles ne m'ont pas semblé aussi résistantes que la vierge.
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