Bart G.
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Bart G. m'a donné ce veston de cuir le dimanche 9 août 2009.

Bart G. :

Bonjour Josée. Voici l’objet que je fournis pour ton projet. Il m’est très précieux. Il s’agit de mon premier blouson en cuir, ma première veste. Depuis plusieurs années, je la gardais rangée, je m’en servais plus. C’est une super idée te la remettre maintenant, parce que, en ce moment, j’ai besoin de me défaire de certaines choses. Super, faire cet exercice de se séparer de choses auxquelles on est profondément attaché, à cause de leur valeur sentimentale ou de leur histoire.

Je voudrais te la montrer un peu. Elle-même parle de ses années de service. Ça se voit à quel point elle est usée. On peut même y lire, comme sur une carte, toutes ces débauches, tous ces lieux que j’ai visités, où j’ai voyagé avec elle. Tout tournait autour du punk, de la musique. Il m’a servi avant tout comme décor, pour faire partie du rituel du slam, de tout ce qui a à voir avec la débauche, avec la fréquentation d’une bande, d’amis.

Pour la petite histoire, disons que le blouson appartenait à la première fille de laquelle je suis tombé amoureux. Elle était black metal, puis, étrangement, elle est devenue chrétienne. Elle me l’a offerte et je l’ai alors décorée, un peu pour épater.

Je ne sais pas quoi dire de plus. L’objet est très précieux. Ça faisait peut-être dix ans qu’il était rangé. J’ai arrêté de m’en servir pour une raison, mais je ne sais plus laquelle. Je m’en suis peut-être lassé. Ça fait tellement longtemps, que je ne sais plus. Je la porterai à nouveau, sans doute, mais le moment est arrivé de me séparer de quelque chose que j’apprécie et qui appartient à mon passé. Elle a ma sueur, elle a fait partie de moi.

Je veux te la remettre maintenant que je me sens si bizarre, qu’il m’est si difficile de me séparer des choses. Le changement me fait peur. C’est du travail que de se défaire de ces choses desquelles on ne veut jamais se séparer. C’est très difficile, que ce soit une fille, un blouson, un ordinateur. Je ne sais pas si c’est bien ou non de s’attacher autant aux objets. Moi, je ne pense pas, hein? Qu’en penses-tu, toi?

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Bart portant son veston pour une dernière fois.
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À une fête, Bart m'a confié que le loup est son animal préféré.
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La collection de vinyles punk de Bart.
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À mon retour à Mexico en octobre, Bart m'avait fait un dessin.